Portfolio

La démarche artistique de SofiA///Beneteau interroge notre rapport à la structure sur le territoire. Elle y rallie deux notions distinctes l’intervalle et la limite, la première suggère une respiration entre deux moments, elle donne un rythme, une pulsation dans la matière. Alors que la limite est là pour séparer, elle peut être perçue comme une contrainte ou une protection, elle peut inviter au dépassement ou à son respect.
La cartographie montre des images de délimitation de l’environnement, les rues, les quartiers, les champs, les forêts sont autant de contours qui organisent l’espace terrestre.

Les outils de prédilection de l’artiste sont le dessin, la photographie et les actions in-situ.

Ses recherches graphiques s’infusent de la calligraphie chinoise et japonaise par une maîtrise du geste précis et sensible. Chaque séance de dessin est précédée d’un échauffement se rapprochant de celui des danseurs ; cela apporte un ressenti plus fin de son corps pour donner au trait une plus grande fluidité et spontanéité.

L’objet photographique lui apparaît comme le matériel de la perception et du discernement. L’humain y est présent par les objets qui l’entourent, les traces qu’il laisse, les lieux qu’il habite.

Les installations in situ que propose l’artiste sont simples et éphémères, elles poussent légèrement les limites du possible dans l’espace public pour se l’approprier. En sortant de leur contexte des actions ordinaires, elle invite les habitants à regarder le quotidien sous le prisme de l’inattendu. Les installations in situ sont souvent en lien avec des textes. Elle les transforme, les recopie, les photocopie, les superpose pour avoir un rapport distinct aux mots et à la graphie. Elle utilise les structures ou les éléments naturels pour servir de support à ses œuvres.

Les voyages sont à la source de nombre de ses idées. Ces expériences sont liées au nomadisme et à la solitude, ils amènent une densification du temps. SofiA///Beneteau y puise les similarités et les dissemblances qui fondent l’humanité. Elle communique en utilisant le dessin, le geste, le corps. Le déplacement dans des régions inconnues accroit son attention entre l’attendu et l’imprévu. Une progression lente lui apporte une profonde perception de l’espace, du temps et du vide. L’immersion dans la culture du pays l’amène à réaliser des parallèles avec sa propre culture. Par exemple, au Japon son attention s’est portée sur le marquage au sol des zones d’intervention pour des futurs travaux. Nous possédons les mêmes signalétiques en France, cependant elle ne les avait pas vu, ou du moins, elle n’y avait jamais saisi l’aspect esthétique de ces marquages.

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